Start-up
Le plus grand incubateur mondial accueillera ses premiers occupants début juillet. Stratégies a eu la chance de voir ce futur haut lieu de la French Tech installé dans le XIIIe arrondissement de Paris. Visite de chantier.

Ne cherchez pas les toilettes. Ici, ce sont les restrooms. A la station F, qui devrait être bientôt le plus grand incubateur mondial de start-up, l’anglais est de rigueur. Comme les commentaires de la visite privée à laquelle Stratégies a pu assister. Six semaines avant son inauguration officielle, qui aura lieu fin juin, Paris 2024, le comité de candidature de la capitale pour l’organisation des JO, a, à l’occasion de la visite de la commission d’évaluation du CIO (Comité international olympique), invité une dizaine de journalistes accrédités à découvrir le site. Cintrés par des palissades de chantier, les 34 000 m2 de la halle Freyssinet, un immense bâtiment ferroviaire, sonne encore creux. Les pas de notre petit groupe résonnent sur le béton brut de la bâtisse bientôt centenaire et rénovée par Jean-Michel Wilmotte. Difficile d’imaginer que dans quelques mois un millier d’entreprises de la French Tech y seront installées. C’est le vœu de Xavier Niel, patron de Free. Les sas d’accès sont installés… mais sous plastique. Tout comme les centaines de fauteuils massés sur les côtés du hall central. Près de 3 000 personnes côtoieront quotidiennement la future ruche.

Les premiers locataires sont attendus pour début juillet. Pour l’heure, les câbles sortent encore de terre ou du plafond. Hyperconnection de rigueur. Le bâtiment est séparé en trois halles. La première, baptisée zone Share, pour l’accueil. La deuxième, la plus grande, pour le travail: la zone Création. La dernière, tout au fond, pour la restauration. Deux wagons de la SNCF y rappellent la fonction première du lieu. Ils attendent leurs clients. Pour l’instant, seule la poussière s’est invitée, notamment dans le vaste hall d’accueil accessible au grand public dont les canapés, entassés à l’étage, inviteront les curieux à prendre un café. Un large escalier ouvre sur l’auditorium. Pardon, le «master stage». Un dégât des eaux causé par une canalisation défectueuse a retardé les travaux.

Freyssinet marié avec Eiffel

Les pôles de travail sont répartis de part et d’autre des halls, soit côté Seine, River East, soit côté ville, Land West. A l’étage («Up») les salles de réunion, inspirées de containers de bateaux, dominent l’espace. Elles prennent des noms tirés du transport, maritime (Caravelle, Bateau Mouche…) ou terrestre (Subway, Monster Truck, Tesla…).

Dans le hall central, des structures semblables accueillent les bureaux des start-up. Leurs noms de baptême sont des clins d’œil aux moyens de demain, comme DoLorean, la voiture de Retour vers le futur, Matrix ou Millenium Falcon, vaisseau spatial de Han Solo, héro de Star Wars.

Dans cette enclave de la Silicon Valley, seuls les passages séparant les trois halles héritent d’un nom français: Louise, qui donne sur la rue Louise Weiss, et Anatole, qui s’ouvre sur l’avenue de France et fait référence… à Anatole France! Dernier hommage: le logo de Station F fait cohabiter Eugène Freyssinet avec la tour Eiffel. Le père du béton précontraint se marie avec la Dame de fer car l’ouvrage est aussi long que la tour est haute! Les start-upers sont facétieux.

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