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Innovation

Jean de Loisy: «Le Palais de Tokyo est devenu une marque»

19/01/2017 - par Propos recueillis par Delphine Le Goff

Jean de Loisy, reconduit en juin 2016 à la présidence du Palais de Tokyo qu'il assure depuis 2011, a fait du lieu un centre d'art contemporain bouillonnant. Par ailleurs patron de la Nuit Blanche 2016, il a remporté le trophée «The most innovative person of the year 2017». Avec une foule de projets pour le lieu de quelque 20 000 m².

Quel était votre projet en prenant la tête du Palais de Tokyo?

Jean de Loisy. Le Palais de Tokyo a été créé en 2002. Lorsque j’y suis arrivé en 2011, le lieu a été agrandi, passant de 7000 à 22 000 m². Il s’agissait d’en faire un lieu unique, réactif à ce qui se passe dans le monde, surprenant pour le public mais également attractif vis-à-vis des entreprises - ce qui était la condition de notre survie. Nous fonctionnons en effet avec 60% de ressources propres. Notre modèle économique et juridique est non pas celui d’un établissement public, mais celui d’une société par actions simplifiées (SAS) c’est-à-dire une entreprise. Il est également important pour nous de travailler avec les entreprises, dans une logique de partenariats sur mesure. C'est le cas avec la Fondation Roederer, Neuflize OBC, Engie et plus récemment Petit Bateau.

 

Comment avez-vous investi ce lieu hors normes?

J.de.L. Le lieu doit être un atelier de production pour les artistes. Pas seulement un lieu où l’on montre des trésors, mais un lieu où l’on vit des aventures. Un jour, on va remplir le Palais de Tokyo d’eau, et s’y promener en barque [pendant l’exposition «Acqua Alta» de Céleste Boursier-Mougenot en 2015], un autre jour on va se balader à deux mètres de hauteur [dans le tunnel de scotch de l’exposition «Inside» réalisé par Numen en 2014], un autre jour, on va déambuler au milieu de pneus et de braseros [pendant l’exposition «Flamme éternelle» de Thomas Hirschorn en 2014]… La métamorphose du lieu par l’artiste est importante, tout comme il est crucial d’en faire un endroit alternatif pour le public, une petite friche berlinoise. 

 

Le Palais de Tokyo est aussi un lieu de vie... 

J.de.L. Il est important d’attirer de nouvelles concessions comme le restaurant Monsieur Bleu, conçu par l’architecte Joseph Dirand ou encore le Yoyo [espace concert et clubbing], créé en 2013. Nous travaillons actuellement sur le nouveau restaurant qui remplacera le Tokyo Eat en juin prochain avec l’équipe de Quixotic Projects, créateurs du Marie-Céleste et du Candelaria à Paris. 

Le Palais étant non seulement un lieu de production d’art mais aussi un espace de transmission des savoirs, nous lançons aussi en février «L’Atelier des regardeurs», un cycle de dix leçons pour offrir à tous de nouvelles clés de compréhension de la création contemporaine en la reliant à l’art de toutes les époques. Le second cycle de cours démarrera à l’automne dans un nouvel espace, le Toguna, qui sera réalisé par des artistes en collaboration avec des artisans d’art dans le cadre de notre partenariat de long terme avec la Fondation Bettencourt Schueller. 

Nous développons également un cercle de mécènes et d’influence, via le Tokyo Art Club Entreprises, créé en 2014, qui regroupe des mécènes comme les agences Hospcotch ou encore Bloomberg. 

 

Quels sont vos parti pris artistiques ?

J.de.L. Pour ce qui est des expositions, notre objectif est de soutenir et révéler des artistes en marge par rapport au marché, qu’ils soient émergents, immergés - un peu oubliés - ou en milieu de carrière. Nous proposons par exemple d'investir l’intégralité de nos 22 000 m² pendant la Fiac, comme cela a été le cas des cartes blanches de Philippe Parreno en 2013, Tino Sehgal en 2016 et comme cela va être le cas de Camille Henrot à l’automne 2017.

Le Palais de Tokyo est devenu une marque: on nous propose, lors de foires et de biennales internationales, de concevoir notre propre pavillon, que ce soit à Singapour, Zurich, Hongkong ou encore à Chicago en septembre prochain… A chaque fois, nous venons avec nos artistes que nous arrivons à pousser. Les attributs de la marque, ce sont des œuvres qui échappent au monde de l’objet, qui font surgir l’inattendu. Derrière l’innovation, il y a surtout le plaisir d’inventer.

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