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Entrepreneuriat

«Créer l'écosystème des start-up du luxe»

12/12/2016 - par Propos recueillis par Cécilia Di Qunizio

Visibilité, entraide, partage de compétences… Thomas Mesmin, président de l’association La French Luxe, nous livre l’ambition de ce nouveau groupement d’entrepreneurs du luxe et sa vision du secteur.

Pourquoi avez-vous créé La French Luxe?

Thomas Mesmin. Pour aider les jeunes pousses qui se lancent dans le secteur très concurrentiel du luxe, trusté par les grandes maisons (Hermès, Vuitton, Chanel…). Si la France est championne mondiale du luxe, et proche d’être championne de l'entrepreneuriat, on ne dénombre pourtant que très peu d’illustrations de réussites de start-up du luxe. Par rapport au secteur des nouvelles technologies par exemple… L’une des raisons est à chercher du côté du manque d’aide et d'accompagnement.

Au lancement d’une marque de luxe, on est seul, avec un seul métier. On est très vite confronté à d’énormes obstacles. Certains sont forts en digital, d’autres en marketing, en business développement… mais très peu possèdent des compétences transverses. Pourtant, dans la mode, les grands succès sont souvent le fruit d’un duo composé d’un créateur et d’un business developer: Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, Yves Carcelle et Marc Jacobs… Nous avons créé l'association La French Luxe en juillet dernier, avec une dizaine d'entrepreneurs dont Laura Perard (Salon du Luxe), Delphine Vitry (MAD network), Thomas Barret (The Morning Company), Lucie Knappek (Evanela/Porfirst), Yann Lefloch (Instant Luxe)... Les trois piliers de cet écosystème: échanger les compétences, faire rayonner les pépites françaises et imaginer le luxe de demain.

Quelles actions mettez-vous en place?

T.M. Nous ne sommes pas un business club, mais plus proche d’un think tank. La French Luxe permet de se réunir régulièrement pour partager nos expériences personnelles autour de thématiques très concrètes. Ces retours vont permettre de réfléchir ensemble aux échecs et aux réussites de chacun. Le but est d’éviter les écueils qui peuvent faire perdre beaucoup de temps et d’argent. Exemple: quand on se lance sur le digital, on commence avec zéro abonné sur les réseaux sociaux. Faut-il acheter des mots-clés? Sponsoriser des contenus? Les tests des uns permettent d’éviter les erreurs des autres.

La French Luxe nous apporte également une plus grande visibilité sur le marché national et international. Dans les grands événements consacrés au luxe, la parole est rarement donnée aux jeunes entrepreneurs, car les problématiques sont différentes pour une start-up et pour une grande maison. Visibilité également en termes de référencement sur les moteurs de recherche... Nous sommes tous «digital natives», il nous faut affirmer des positions, des points de vue sur l’avenir, nous montrer prospectifs et innovants.

Quelles sont les conditions d’entrée?

T.M. Nous couvrons le luxe au sens large du terme: maroquinerie, alimentaire, horlogerie, joaillerie, design, expérience client, e-commerce… La cotisation annuelle est symbolique: 150 euros par an. En revanche, il est obligatoire de partager les valeurs communes du groupe, c'est-à-dire l’excellence et le savoir-faire artisanal. N’est donc pas accepté par exemple un fabricant de chaussures de luxe produites en Italie. Sur 200 demandes de ralliement –sans être trop sélectifs–, nous n’avons gardé que 60 candidatures. Des projets qui incarnent vraiment nos valeurs. Le but est de rapidement rassembler une grosse centaine de start-up.

Comment ce secteur mène-t-il sa transformation digitale?

T.M. C’est le digital qui a permis d'abaisser significativement les barrières à l’entrée de ce marché. Il offre de belles opportunités aux petits acteurs. Les possibilités sont nombreuses: enrichissement de la connaissance client, travail sur la fidélisation, applications... Avec une bonne formule, il est possible d’avoir une vraie force de frappe à faible coût. Mais attention à ne pas déshumaniser le luxe et à ne pas faire baisser la qualité. Je pense que le luxe doit devenir davantage expérientiel pour se démarquer. Faire du digital: oui, mais tout en veillant à l’humain et à la relation client.

Entreprendre dans le luxe, en quoi est-ce différent?

T.M. Un produit de luxe est par essence un achat dont on a pas besoin. Si le consommateur s’engage, c’est parce que le produit est désirable. Toute la difficulté réside donc dans cette désirabilité. Généralement, c’est un phénomène très long. La plupart des experts estiment qu’il faut dix ans pour créer une marque de luxe. Pour un entrepreneur, c’est une éternité! Et les investisseurs ne soutiennent pas les projets dans le luxe. Dans le secteur des nouvelles technologies, il est beaucoup plus facile de lever des fonds, parfois sans même avoir de business model. Dans le luxe, on est obligé de se lancer avec beaucoup plus de certitudes sur la pérennité de l’entreprise.

À quoi ressemblera le luxe demain?

T.M. Nous sommes actuellement à un tournant. Depuis deux ans, nous sommes entrés dans une phase compliquée, avec un ralentissement dans de nombreuses zones qui étaient des moteurs pour le luxe: la Chine, l'Europe avec la perte de clientèle étrangère… Les raisons sont soit d’ordre monétaire –l’euro est fort–, soit d’ordre sécuritaire. On peut parler de crise du secteur du luxe. Nous arrivons à la fin d’un cycle. Mais c’est généralement dans les crises que l’on réinvente les modèles économiques.

Trois start-up de La French Luxe

 

PMSH se positionne sur le management de l’expérience client. Objectif: rendre Paris désirable auprès des clients des grandes maisons de luxe. La start-up joue le rôle d'intermédiaire pour offrir des services divers autour du luxe et du savoir-faire artisanal. Un accompagnement complet qui passe par des expériences gastronomiques, des visites d’ateliers, et même par la fabrication de véhicules sur mesure pour transporter ces «very important tourists».

Fondateur: Thomas Mesmin



Revel Paris est une ancienne marque française d'ombrelles et de parapluies née en 1851 à Lyon puis disparue au fil des années. En 2016, les droits de la marque sont rachetés par deux jeunes entrepreneurs associés au designer Vincent Ternaux. Après un long travail sur l’histoire de la maison Revel, ils relancent la société autour d’une gamme luxueuse d’optique, novatrice, fabriquée à la main dans un atelier du Jura. Une technique empruntée à la marqueterie.

Fondateur: Stanislas Belliard et Gaël Courroye



Dymant a bâti son projet sur un constat: les Européens se sont quelque peu éloignés des maisons de luxe à cause de la hausse des prix due à la croissance de la clientèle chinoise. L’idée? Allier luxe, digital et grande distribution afin de proposer des produits au design simple, sobre, mais conçus par des artisans d’art, souvent issus des maisons Chanel, Hermès et autres. L’astuce? une distribution 100% digitale. En juin 2015, Dymant a remporté le concours programme Horizon 2020 de l’Union européenne, doté d'un million d’euros.

Fondateur: David Klingbeil

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