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Vidéo

Juliet Casella, la milenniartiste

24/07/2017 - par Houda Benjelloune

Inutile d’essayer de faire entrer Juliet Casella dans une case, vous n’y parviendrez pas. Cette vidéaste de 24 ans issue des Beaux-Arts de Cergy met son talent à disposition aussi bien de marques comme Louis Vuitton que de musiciens.

Née dans une petite ville du sud de la France, Juliet Casella intègre l’École nationale supérieure des beaux-arts de Cergy à 20 ans, où elle excelle dans l’art du collage. «J’ai commencé le collage toute petite. Je découpais énormément d’images que je fixais aux murs de ma chambre», confie-t-elle. Comme tout millennial qui se respecte, elle poste ses différents travaux sur les réseaux sociaux. Une de ses connaissances la recommande à Stylist. Ce qui devait être un «one shot» pour le gratuit de mode est devenu un rendez-vous hebdomadaire. «C’est un magazine que l’on peut trouver dans le métro. J’aime cette façon de démocratiser l’art et la mode et de ne pas le réserver seulement à un microcosme.»

Une visibilité qui lui a valu l’attention de Nicolas Guesquières, directeur artistique de Louis Vuitton. L’histoire est digne d’un conte de fée. Juliet s’envole pour Palm Spring quelques jours après l’appel de la marque, avec pour mission de couvrir le défilé de la collection croisière organisé en mai 2016. Elle en profite pour écumer la ville avec pour seul objectif de capturer un maximum d’images pour la série de collages et le film prévus pour la collection. «Une série dont je suis très fière», affirme-t-elle, sur un ton candide.

Balayer les clichés

Une nature enfantine qu’elle revendique. Son rapport à l’enfance est pour elle une inépuisable source d'inspiration qui revient de façon récurrente dans ses œuvres personnelles, aux connotations bien plus sombres que son travail pour les marques. «J’aimerais bien mêler les deux, mais mon travail perso est quelquefois violent. J’emploie beaucoup d'images crues de l’enfance ou de guerre. Je politise de plus en plus mon travail, mais je pense que la mode n’est pas encore prête. C'est un milieu où les gens veulent oublier le quotidien, ils sont là pour acheter. Cet univers doit être joli et esthétique, et il ne faut pas l’oublier.»

Réaliste mais pas défaitiste, Juliet suit avec attention le rapport entre mode et art: «La mode travaille de plus en plus avec le monde de l'art. Le seul problème est que les publicités sont toujours très cliché - souvent une jolie fille avec un fond d’une certaine couleur. Mais les choses changent. L'artiste Hussein Chalayane a ainsi produit sa propre collection, très intéressante, avec une femme nue au visage couvert, une autre avec un voile noir mais le sexe découvert, une dernière drapée dans une burqa. Une graduation de la nudité totale au camouflage intégral.»

Dépasser l'autocensure

Un goût de la provocation qu'elle-même a expérimenté dans sa performance «Conditionnement», où elle s’est enfermée nue dans un cube de verre afin que les visiteurs d’une galerie puisse la recouvrir de peinture noire. «Je n’avais pas fait de test, je n’avais pas prévu que j’allais manquer d’air. Je suffoquais à la fin de la performance! Les traces de pinceau laissaient passer la lumière, c'était une experience incroyable!» Une performance à travers laquelle elle souhaitait évoquer la censure. «Nous sommes très censurés par les autres. Nous n’arrivons pas à être nous-mêmes parce que nous sommes constamment dans une boîte où on nous met. Nous vivons à travers les autres, nous sommes catalogués et finissons par se renfermer sur nous-mêmes, alors que pour moi rien n’est défini. C’était ce rapport à l’autre que je voulais mettre en lumière. La performance avait lieu dans une galerie et la plupart des gens étaient de jeunes artistes. Ce sont eux qui participaient à me censurer sans s’en rendre compte. Dans l’art, beaucoup de gens se censurent, par exemple parce qu’ils pensent que ça a déjà été fait. L’intellectualisation de l’art y participe.»

Depuis, elle a mené d'autres projets. En décembre, avec le concours d'Isabelle Perrachi, productrice d’événements culturels, elle a présenté l'exposition «L'Odeur du goudron» dans une galerie parisienne. Plus récemment, en mars, elle a participé à l'exposition collective «District 24» au Japon. Un pays où elle a travaillé pour une marque locale de sportswear «Vainl archive» et réalisé le clip du rappeur Kuzuma. Des collaborations dans la musique qu’elle poursuit avec l'Anglais Crave Moore. Aujourd’hui, Juliet Casella veut se consacrer au cinéma en se lançant dans la réalisation d’un long-métrage qu’elle tournera en octobre en Argentine.

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