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Réseaux sociaux

La politique du live

14/11/2016 - par Delphine Soulas-Gesson

Les plateformes de diffusion vidéo en direct, Facebook Live en tête, vont occuper une place de choix dans la couverture de la campagne présidentielle française. Jusqu’à devenir un média à part entière ?

Et si l’élection présidentielle de 2017 se jouait sur Facebook Live ou Periscope, racheté par Twitter au printemps 2015? Pour la première fois, ces plateformes de live streaming vidéo vont occuper une place de premier plan dans la couverture de la campagne électorale, et les médias comptent bien y jouer un rôle primordial. Pour le deuxième débat avant la primaire à droite, le 3 novembre dernier, BFM TV a rassemblé 2,4 millions de téléspectateurs sur son antenne, un record, auxquels se sont ajoutés 1,3 million de vues supplémentaires sur Facebook Live, Periscope, You Tube et Dailymotion, dont 900 000 uniquement sur Facebook Live.

L'émission En direct de Mediapart du 2 novembre, qui avait pour invité Emmanuel Macron, a quant à elle été visionnée sur Facebook Live plus de 108 000 fois, deux fois plus que sur You Tube.

«Ces plateformes nous permettent d’avoir une résonnance au-delà de la chaîne, notamment auprès d’une population assez jeune, qui s’informe principalement sur les réseaux sociaux, explique Julien Mielcarek, rédacteur en chef numérique du groupe Next Radio TV (BFM TV, RMC...). Pour autant, il ne s’agit pas seulement d’un canal de diffusion supplémentaire: elles nous permettent de jouer la carte des coulisses et de l’interactivité.»

Renforcer l'intimité

Parmi les utilisations qu’en fait Europe 1, par exemple, la diffusion de programmes spécifiquement conçus pour ces plateformes, comme des interviews réalisées dans la «social room», cette pièce où les invités de l’antenne, hommes politiques en tête, viennent répondre aux questions des internautes. «L’invité est dans un cadre plus intime, en lien direct avec les Français», observe Ophélie Wallaert, rédactrice en chef numérique à Europe 1. D’où des réponses souvent moins convenues, comme ce jour où Nicolas Sarkozy, après avoir refusé de prendre parti à l’antenne dans la présidentielle américaine, a apporté son soutien à Hillary Clinton dans la social room.

«Sur Facebook Live ou Periscope, les politiques n’ont pas l’impression de faire de la télé. Le langage n’est pas du tout le même, ils ne contrôlent pas leur façon de s’exprimer. Mais cette spontanéité ne va pas durer», regrette Martin Gouesse, journaliste au Media Lab, département innovation de France Télévisions.

Au naturel

Le consultant Emery Doligé a poussé la logique plus loin en créant la première émission politique diffusée uniquement sur Facebook Live, Brutus, dans laquelle des Français lambda viennent poser leurs questions, sans filtre, à un invité politique. Alain Juppé a inauguré la première, le 2 novembre. «Sur Facebook Live, il n’y a pas de montage possible, pas de "fake". Nous voulons retrouver la liberté qu’avaient les émissions de télévision du temps de Michel Polac, et ainsi réhabiliter la politique aux yeux des Français», souligne Emery Doligé, qui pour l’occasion s’est associé à France 24.

Bilan du premier numéro de Brutus: plus de 350 000 vues, dont 100 000 en direct. «Ce cadre beaucoup moins formel pousse l’homme politique à sortir de ses éléments de langage et l’intervieweur à sortir des questions convenues ou de cette agressivité de façade propre aux émissions politiques à la télévision», estime Sylvain Attal, directeur adjoint de France 24 en charge des nouveaux médias.

Reste la question de la monétisation de ces vidéos live. Seule option possible pour l'instant sur Facebook Live, la possibilité de sponsoriser un live, comme l'a fait par exemple Le Figaro Etudiant avec l'organisme de séjours linguistiques EF France. Pour autant, Facebook travaille sur un projet de coupures publicitaires durant le live, à la manière des coupures pub à la télévision. De quoi accélérer encore l'adoption du live par les médias français.

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