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Digital

Hack the casbah

22/12/2016 - par Gilles Wybo

Une dizaine de petits génies habitent et travaillent dans une maison à Fresnes. Une «hacker house» où agences et annonceurs viennent se faire «disrupter». Reportage.

Un pavillon de banlieue à Fresnes dans le Val-de-Marne, un poulailler au fond du jardin et dix jeunes en jean-baskets qui occupent leurs journées entre barbecue et ordinateurs… À première vue, on pourrait se croire dans une colocation classique. Mais lorsqu'on y regarde de plus près, c’est tout autre chose: bienvenue chez Seed-Up, une maison où dix petits génies vivent et travaillent côte à côte depuis janvier dernier. Agences, annonceurs, start-up se pressent dans cette «Hacker House» pour soumettre des problématiques d’innovation. Ces geeks (23 ans de moyenne d’âge) planchent pendant plusieurs semaines et imaginent des solutions. À la tête de cette «maison du hacker», il y a Paul Poupet, 25 ans, (Essec, Centrale Paris) et Benjamin Poilvé, 25 ans, (ENSCI, Centrale Paris).

Pour Paul, le déclic s’est produit après un stage de six mois dans une grande banque: «Passer des jours à remplir des Powerpoint, mettre des mois avant qu’un projet n’aboutisse et des années avant d’obtenir une promotion, ma génération ne veut pas de cette façon de de travailler», affirme-t-il. Il décide d’inventer une nouvelle organisation du travail. «Notre génération fait face à énormément de difficultés pour intégrer le marché du travail. Nous nous sommes dit que cela ne servait à rien d’attendre que des adultes nous approuvent, nous avons créé notre propre modèle, ajoute, sans complexe, Benjamin Poilvé. Et nous arrivons à être viables et à fonctionner, sans financement extérieur.» Les dix habitants et salariés de Seed-Up consacrent 30% de leur temps à travailler pour des sociétés extérieures et 70% à de la recherche & développement pour leur propre entreprise. Tout le monde est logé gratuitement, salarié de la société et dispose de parts de la SAS (société par action simplifiée) au prorata du temps passé.

Co-construction

Dans cette hacker house, il y a bien une machine à paninis, des chambres désordonnées, de grands ados un peu hirsutes et une salle de réunion qui manque un peu de lustre, mais les idées fusent. D’ailleurs, vendredi 22 septembre dernier, quand l’agence Integer –leur principal client– vient leur soumettre un produit à hacker pour un grand industriel, l’excitation monte dans la maison. «Cela fait dix ans que des dizaines de polytechniciens de ce groupe ne trouvent pas la solution technique à ce problème, sourit David Varnier, directeur associé de l’agence. J’espère que ce défi va vous amuser.» Les cerveaux de ces petits génies se mettent en marche aussitôt, en réseau. L’agence Integer collabore avec Seed-Up depuis le mois de juillet. «Nous identifions les problèmes et après ils cherchent la solution, explique Catherine Michaud, présidente de Integer (TBWA). Nous sommes ultra-complémentaires: ils ont la techno, nous avons l’usage, la vision de nos clients (Michelin, Système U…), cela permet de co-construire les solutions.» Seed-Up planche aussi en direct pour des groupes dont un géant de l’énergie français et un mastodonte de la distribution. Les sujets: améliorer le parcours client, disrupter un produit, révolutionner les modes d’achat…

 

Faudrait pas que ça grandisse

 Les ingénieurs et designers ne se cantonnent pas du tout à des sujets informatiques: «Cela peut aller jusqu’à l’électronique, au design, à la création d’objets connectés, d’ailleurs nous avons un petit atelier au sous-sol, avec un établi, décrit Paul Poupet. Le fait de vivre ensemble et de travailler sur des projets qui nous éclatent nous procure du plaisir. D’ailleurs, je sais qu’il ne faut pas que l’on soit plus de dix. Au-delà, le modèle ne fonctionnera plus.»

 Tous savent que la hacker house ne sera qu’une étape dans leur vie professionnelle, comme un passage vers le monde des adultes. «Cette expérience devrait durer deux ou trois ans pour chacun, explique Paul Poupet. Le but, c’est que les gens rejoignent les start-up que l’on crée nous-mêmes.»

 

Pas question de rejoindre le monde de leurs ainés et leur organisation du travail moins fun. Mais le modèle de la hacker house est promis à un bel avenir: il correspond bien à la nécessité d’inventer rapidement de nouveaux produits et services, ce que les grands groupes ont du mal à réaliser. Deux autres hackers house sont d'ailleurs en train d’ouvrir en région parisienne sous la marque Seed-Up: l’une à Levallois-Perret et l’autre sur le plateau de Saclay… 

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