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Finances

L’audiovisuel public appelé à se réformer

26/10/2017 - par Amaury de Rochegonde

La Commission de la culture du Sénat demande d’ouvrir le chantier du rapprochement de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde. Et de vraies économies.

Et si le coup de rabot de 50 millions d’euros demandé en 2018 à France Télévisions – par rapport à son contrat d’objectifs et de moyens (COM) - n’était que la partie immergée de l’iceberg? Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, devait profiter de son audition par la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, présidée par Catherine Morin-Desailly, le 25 octobre, pour préciser la position du gouvernement. L’amendement, qui devait assurer une rallonge de 20 millions d’euros – dont 17 millions au titre de la suppression de la publicité dans les programmes jeunesse de France Télévisions pendant un an – a finalement été retiré. Comme si la majorité envoyait le signal que l’heure des économies de structure a bel et bien sonné. La ministre n’a-t-elle pas annoncé elle-même la «transformation de l’audiovisuel public» avec non seulement des projets communs, du type Franceinfo, mais aussi de la «mutualisation de moyens». Des rapprochements structurels sont attendus, notamment autour des deux réseaux régionaux, France 3 et France Bleu.

Remise en cause

La Commission de la culture du Sénat a décidé d’enfoncer le clou. Son vice-président, Jean-Pierre Leleux (LR), a invité le 18 octobre le service public à se «remettre en cause». Entendez: aller plus loin dans les rapprochements, afin de faire face à M6-RTL ou Altice Media. Et mettre au point une gouvernance qui, si elle ne repose pas sur une holding unique, passe au moins par une présidence commune. Ce que rejettent les patron(ne)s des entreprises publiques qui misent tout sur leurs projets communs (culture, jeunes…).

Au-delà d’une réforme «à l’allemande» de la redevance - assise sur les appareils de réception -, le sénateur demande de mettre l’audiovisuel public «un peu sous contrainte» afin de sortir Radio France et France Télévisions d’un «tropisme sur les recettes». «Si on continue dans le système actuel, au fil de l’eau, par banalisation, le problème du périmètre va se poser», prévient-il. Une note de Matignon, indique-t-il, demande à ce qu’on étudie l’hypothèse d’une privatisation de France 2.
Catherine Morin-Desailly a identifié, de son côté, des sources d’économies: les émissions de flux l’après-midi sur France 2, le coût de certains animateurs et producteurs… Pour elle, il n’y a même «pas d’urgence» à lancer une plateforme de SVOD. Au-delà du non-remplacement d’un départ sur deux, Jean-Pierre Leleux estime, lui, qu’il faut «aboutir à une réduction de la masse salariale» à France Télévisions, fort de 9750 équivalents à un temps plein. «Combien de personnes aux RH, à la com… ?», dit-il. Pas question, en revanche, de revoir les investissements dans la création, de 420 millions d’euros.
Les autres sociétés sont un peu moins dans le viseur. Radio France doit au retard pris dans la rénovation de la Maison de la radio de voir ses crédits de fonctionnement progresser de 1,5% (ceux sur l’investissement baissant de 24,6 millions). Quant à France Médias Monde, il a pu sauver le budget de France 24 en espagnol, mais enregistre un recul de 1,9 million d’euros par rapport à son COM. Du coup, la direction de FMM attend une feuille de route claire pour savoir si le groupe doit se retirer des Etats-Unis ou arrêter une langue africaine de RFI comme le swahili. «C’est le coût de deux émissions de Laurent Ruquier», soupire-t-on au sein de l'entreprise consacrée à l'audiovisuel extérieur de la France. 

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