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Audiovisuel

Yannick Bolloré : «Canal+ ne sait pas communiquer !»

19/07/2017 - par Bruno Fraioli et Amaury de Rochegonde

Le PDG du groupe publicitaire Havas a indiqué devant l’Association des journalistes médias, que Canal+, propriété également du groupe Vivendi, fait des erreurs de communication corporate. Il a également annoncé un nouveau positionnement pour Les Gaulois.

Yannick Bolloré n’a pas sa langue dans la poche. Invité ce mardi 18 juillet par l’association des journalistes médias (AJM), le CEO d’Havas Group, propriété à 59% du groupe Vivendi, a vertement critiqué la communication corporate de Canal+, détenue, comme Havas, par Vivendi. «Le vrai problème pour Canal+, c’est leur communication, déclare Yannick Bolloré. Leurs messages ne passent pas. Moi, je m’occupe [avec l’agence BETC] de la publicité produit de Canal+. La communication corporate, c’est DGM Conseil. Or, le message que donne Vincent Bolloré et celui qui est retranscrit dans la presse ne sont pas les mêmes. Il y a des choses qui se perdent en route».

Le dirigeant, qui a qualifié de «tres mauvais pour l'image» le conflit sur les droits d'auteurs après l'arrêt de leur paiement par Canal+, a aussi fait référence à la grève de la chaîne info I-Télé (devenue C-News) l’automne dernier, et aux dérapages de Cyril Hanouna sur l’antenne de C8. «Il [Cyril Hanouna] n’a pas pris conscience de sa popularité, explique-t-il. Il a désormais une responsabilité. Mais c’est un plaisantin, un amuseur public aussi. Il s’est excusé. Si j’avais été patron de Canal+, je lui aurais conseillé de prendre une pause».

Interrogé sur la place prise par l'animateur dans la direction des programmes de C8, le patron a répondu : «la nature a horreur du vide». Il a également invité les dirigeants du groupe Canal + à davantage s'exprimer dans les médias de façon à ce que Vincent Bolloré n'apparaisse pas en première ligne sur les décisions concernant les programmes.

Un modèle économique sans le sport pour Canal+

Interrogé sur ses intentions futures par les journalistes médias, Yannick Bolloré ne ferme aucune porte.«Lire ou entendre que je serai un jour président de Vivendi est plutôt agréable, confie le CEO d’Havas Group. Disons que c’est un chemin naturel. Toutefois, il y a aujourd’hui encore beaucoup de choses à faire avec Havas… mais il n’est pas illogique d’y penser». Cela n’empêche pas Yannick Bolloré de réfléchir sur l’avenir de Canal+, notamment face à la flambée des droits sportifs. «Il existe un modèle économique avec le sport, et il y en a un autre sans, explique le dirigeant. Dans ce cas Canal+ serait plus proche d’un HBO, et ce ne serait plus avec un abonnement à 50 euros mensuels».

Le patron d’Havas estime que son pôle communication peut déjà beaucoup apporter à Canal+. Devant l’AJM, il cite en exemple l’expertise sur l’analyse des datas qui, selon lui, permettrait de limiter le taux de désabonnement ("churn") de Canal+. «Nous avons un actionnaire commun et des univers qui se croisent de plus en plus, estime Yannick Bolloré. Cela ferait sens de mettre nos métiers en commun, notamment dans un souci économique. Nous souhaitons créer un géant mondial de la communication et de l’Entertainment». Le groupe Vivendi compte développer de nouveaux revenus avec l’objectif de dégager plus de 400 millions d’euros de valeur, correspondant au coût d'acquisition des 59% de Bolloré dans Havas.

S'agissant de Studio+, l'application de Canal+ qui développe des séries courtes pour mobiles sur un standard 10X10 mn qui a fait école mais peine encore à trouver son modèle économique, le patron a estimé qu'il s'agissait d'un "test" mais qu'on pouvait aussi imaginer un modèle qui fidélise les abonnés aux opérateurs télécoms à travers "dix minutes de Games of Thrones" via l'acquisition de droits élargis. 

 

Un recrutement chez Havas Paris

Concernant le groupe de communication qu'il préside, Yannick Bolloré a reconnu qu’il a eu peur de perdre le budget Citroën, un actif historique du groupe. Le constructeur français, qui a eu des velléités d’aller voir ailleurs, est toutefois resté fidèle à Havas. Le groupe de communication lui a bâti une agence sur mesure : Traction, filiale de BETC [qui gère le budget Peugeot]. «C’est une issue favorable et une solution gagnante pour tout le monde», assure le dirigeant qui a révélé que son enseigne Les Gaulois, jusqu’alors détenteur du budget Citroën, «changera de nom et de positionnement à la rentrée». Quant à l’équipe dirigeante d’Havas Paris, «elle sera renforcée suite au départ d’Agathe Bousquet [pour Publicis]. Nous réfléchissons au recrutement d’un talent extérieur au profil créativo-technologique», a lâché Yannick Bolloré.

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