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Nouvelles technologies

Top 5 des scandales de la tech en 2018

27/08/2018 - par Emmanuel Gavard & Cécilia Di Quinzio

Entre leaks, piratage, éthique et dysfonctionnement, le monde de la tech a été marqué par plusieurs scandales. Deux feront date: Cambridge Analytica pour Facebook et Maven pour Google, ainsi que d'autres, plus petits, marquent une nouvelle ère dans la gestion des données personnelles.

[Cet article est issu du n°1958 de Stratégies, daté du 5 juillet 2018]
  • Cambridge Analytica, le scandale de l’année

Le scandale. Le 17 mars dernier, le New York Times et le Guardian font paraître une enquête qui accuse le réseau social aux 2,13 milliards d'utilisateurs de ne pas protéger suffisamment les données de ses utilisateurs. Cambridge Analytica, une société privée de communication stratégique et d'analyse de données liée au Parti républicain américain, aurait récupéré les données de 50 millions d'utilisateurs et s'en serait servi pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs… Le scandale est immédiat. Le réseau social est accusé d’ingérence dans les élections américaines et dans le «Brexit». Facebook s’apprête à traverser la crise la plus grave de son histoire.

La réaction. Mark Zuckerberg a tenu à faire son mea culpa… Quatre jours après la parution de l’enquête. Le patron du géant américain reconnaît les faits et annonce les premières mesures: suspension des applications douteuses, audits internes, mise à jour de la plateforme, mise en place d’un menu unique pour trouver et gérer l’ensemble des paramètres de confidentialité… Mark Zuckerberg entreprend également un tour des plateaux médias. Et tandis qu’il est convoqué devant le Sénat américain, Facebook s'offre une pleine page de pub dans la presse pour s'excuser de nouveau. Mais le scandale prend plus d'ampleur. Le 3 juin, le New York Times accuse le réseau social d’avoir partagé les données personnelles de ses membres avec plus d’une soixantaine d’entreprises parmi lesquelles Apple, Amazon, Microsoft ou encore Samsung…

Et maintenant? Si l’affaire Cambridge Analytica a bien ébranlé Facebook, il a également éclaboussé sur son passage toutes les entreprises du monde digital se servant des données personnelles des utilisateurs. Twitter, Google, Dropbox… Elles sont nombreuses à avoir modifié leurs conditions générales d’utilisation à la suite du scandale, notamment en Europe, où la loi les a obligées à le faire. Mais les études montrent que la défiance des utilisateurs ne cesse de grandir… Fin juin 2018, la Californie, berceau technologique des États-Unis vote le CCPA, une loi régissant la protection des données personnelles, largement inspirée du RGPD. Cependant, malgré les polémiques à répétition et le séisme retentissant dans tous les secteurs du numérique, Facebook reste le maître absolu dans le monde des réseaux sociaux. Certes, il perd du terrain chez les plus jeunes, au profit de Snapchat ou de YouTube et de sa propre filiale Instagram, mais cette perte de terrain avait commencé avant le scandale.

  • Google, la guerre et le business

Le scandale. Début février, une pétition est diffusée en interne chez Google et récolte rapidement plus de 3100 signatures… En cause? Le projet Maven, un contrat de partenariat très controversé entre le géant du web et l'armée américaine pour aider les militaires à rendre leurs drones (commandés à distance par des humains) plus efficaces pour identifier des cibles. Ce programme de recherche, basé sur l'intelligence artificielle, avait pour objectif d'améliorer l'analyse d'images vidéo par l'armée afin de faire de la surveillance et planifier des frappes par drones. «Nous pensons que Google ne devrait pas participer au commerce de la guerre», expliquent les employés de la firme de Mountain View qui pensent que le projet Maven est contraire aux valeurs de leur entreprise. S’ensuit une vague de démissions... Une catastrophe pour Google qui cherche surtout à incarner un nouveau modèle d’entreprise.

La réaction. Dès le mois de juin, face à une controverse devenue publique, Google décide de ne pas renouveler le contrat avec le Pentagone, et en informe les employés. Dans la foulée, Sundar Pichai, le PDG de Google, présente publiquement sept principes d’éthique sur l’intelligence artificielle: être bénéfique à la société, ne pas créer ou renforcer un parti pris injuste, faire face à ses obligations ou encore respecter la vie privée… Le géant américain, dont la devise n’est autre que «don’t be evil», entend bien retrouver son image démocratique et bienveillante, avec cette prise de position.

Et maintenant? L'armée américaine, comme d'autres pays, utilise depuis quelques années des drones. Pour les géants technologiques, comme Google, mais aussi Microsoft ou Amazon, il s’agit de se positionner pour remporter un contrat avec le Pentagone. Pour autant, Google reste extrêmement discret sur ce contrat évalué par les médias américains à moins de 10 millions de dollars… En outre, les nouveaux principes éthiques de Google lui interdisent de travailler à la fabrication d’arme, mais pas explicitement de travailler avec une autorité militaire...

  • Grindr, la maladresse

Coup dur pour Grindr. Le 3 avril 2018, l’association norvégienne Sintef, a révélé dans un rapport de recherche que l’application bien connue de dating a permis à des entreprises tierces (Apptimize et Localytics) d’avoir accès à certaines données personnelles des utilisateurs. L’application de rencontres gays aux 3,6 millions de membres a notamment permis de relever les données de géolocalisation, mais également le statut HIV des utilisateurs. Une donnée personnelle très sensible, notamment au sein de la communauté LGBT, qui milite contre la marginalisation des personnes séropositives. Les sociétés, spécialisées dans le test des applications, recevaient des informations «limitées au strict nécessaires» selon Grindr. Mais ces données sensibles étaient comprises dans le strict nécessaire. Si Grindr a tout de suite suspendu ces transferts de données, il reste qu’elle a dû gérer une crise spécifique, la sensibilité des données dépendant notamment de la communauté à laquelle on s’adresse.

  • Under Armour, grande victime

C’est l’un des plus gros hacking de l’histoire, touchant un nombre de personnes supérieur à l'ensemble des habitants du Japon. La marque d’articles de sport Under Armour a dû annoncer que 150 millions de membres de son programme Myfitnesspal avaient été piratés. Le fabricant avait racheté cette application de suivi diététique en 2015. Au total, si les numéros de carte de crédit ou de sécurité sociale n’ont pas été volés, les mails, noms d’utilisateur et mots de passe sont, eux, tombés entre les mains de personnes malveillantes. Rien de catastrophique dans les faits, sinon d’avoir subi l’une des attaques les plus massives de l’histoire, en plein affaire Cambridge Analytica. De quoi angoisser les utilisateurs, lorsqu'ils se voient invités, un par un, à changer leur mot de passe.

  • Alexa, l’indiscrète

Si l’histoire est assez drôle, elle aurait pu finir en catastrophe pour l’image d’Amazon et de son intelligence artificielle conversationnelle Alexa. La scène se déroule aux États-Unis. Un couple qui discutait calmement a vu sa conversation enregistrée et envoyée à son insu à un contact sans qu’ils l’aient demandé. Un collègue du mari a en effet reçu par courriel le fichier son contenant la voix des deux protagonistes, long de plusieurs minutes. Le collègue les prévient, et pour les convaincre de la véracité des choses, leur donne moults détails sur leur conversation… Alerté par le couple et la sortie de l’affaire dans la presse, Amazon a mené une enquête pour comprendre comment une telle chose à pu se produire. Résultat du rapport, cité dans le média Recode en mai dernier: un mot de la conversation «ressemblait» à «Alexa», ce qui a réveillé la machine. La conversation a alors «ressemblé» à une demande d’envoi… Mais le couple n’entend pas la machine leur parler. Et Alexa continuera de piocher des mots dans la conversation qui ressemblent à un nom de contact, et même à une réponse «exact» après avoir demandé tout haut la confirmation de l’envoi à ses propriétaire. Une série de coincidences improbable, mais qui semble pourtant avoir bien eu lieu. Heureusement sans conséquence, puisque le couple ne parlait que de l’état de leur plancher en bois massif.

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