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Harcèlement

Le mal par le mâle

09/02/2018 - par Alexis LE MEUR

La nouvelle campagne réalisée par TBWA\Paris pour l’application HandsAway a fait sensation. Présentant des sexes masculins en traque de nouvelles proies, le spot, loin de vouloir stigmatiser tous les hommes, fait de la prévention une priorité.

[Cet article est issu du n°1936 de Stratégies, daté du 8 février 2018]

 

« Notre société entière est malade du sexisme. » Cette phrase a été prononcée par le président de la République, Emmanuel Macron, en novembre 2017, qui déclare faire de l’égalité entre les femmes et les hommes la « grande cause du quinquennat ». Dans un climat de libération de la parole (Stratégies 1922 du 26 octobre 2017), l’application HandsAway, qui recueille les témoignages des femmes agressées, s’associe à l’agence TBWA\Paris pour une campagne choc.
« Le spot est, certes, violent mais il n’est rien à côté des témoignages que nous avons recueillis », lâche Alma Guirao, fondatrice de HandsAway. Baptisé « Bande de bites », le film débute lors d’une soirée dans un bar. On y entend le témoignage d’une femme s’étant faite harceler par un groupe d’hommes. Tout à coup, des sexes masculins décident d’abandonner leurs propriétaires pour une petite virée à travers la ville. Selon Faustin Claverie, directeur de la création chez TBWA\Paris : « L’idée visuelle de départ est toute simple. Lorsqu’un homme est obsédé on dit qu’il "pense avec sa bite", donc nous voulions laisser les sexes prendre le contrôle et vivre leurs vies. »


Sexes animés

« Le principal défi technique a été le réglage de la focale sur des optiques très basses, avoue Benjamin Marchal, directeur de la création chez TBWA\Paris. Alors nous avons utilisé des godemichés posés sur des tiges en bois afin d’avoir la bonne profondeur de champ, le bon cadre, la bonne lumière. » Après la conception d’un animatique en 3D, l’équipe d’une vingtaine de personnes avec TBWA\Else, la production intégrée de l’agence, se lance dans les deux nuits de tournage.
Enfin, le studio Digital District se charge la postproduction, à savoir la réalisation des « bites ». D’après Faustin Claverie : « Ils ont bossé gratuitement sur la reproduction des sexes et ils ont assuré. Tout le clip repose sur le rendu 3D, donc vu le résultat, il faut les féliciter. » La postproduction aura pris trois mois, principalement sur le temps libre des uns et des autres.


Prévention contre stigmatisation

Benjamin Marchal explique : « Le plus difficile a été de trouver la limite afin que tous les hommes ne se sentent pas attaqués. Nous avons dû trouver les mots justes. » Mais il fallait néanmoins un « électrochoc visuel afin que l’opinion publique se rende compte de ce que vivent les femmes ». Selon HandsAway, 82 % des femmes ont subi un harcèlement de rue avant leurs 17 ans. Mais pour Alma Guirao, le spot « n’est pas contreproductif insistant bien sur le fait qu’une minorité d’hommes importunent une majorité de femmes ». Le clip se veut donc préventif et non stigmatisant.
« Il est clair que nous ne ferons pas changer de comportement les “porcs” mais nous permettons aux hommes de réaliser que certains agissements, sans être des agressions sexuelles, sont déplacés comme la petite blague potache que l’on fait entre amis », rappelle Faustin Claverie. En effet, le débat s’est focalisé sur les grands noms du cinéma, de la presse ou de la politique, faisant oublier le quotidien des femmes dans la rue. « Ce n’est pas un problème de riches mais bien une vraie remise en cause sociétale », conclut Benjamin Marchal. Malgré la menace de censure, la vidéo a déjà atteint les 2 millions de vues et a été largement partagée sur les réseaux sociaux. Bravo les bites !

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