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Communication

«Nestlé ouvre ses usines parce que les gens se méfient de tout»

20/03/2017 - par Propos recueillis par Thomas Pontiroli

À la tête de la communication, des affaires publiques, du développement durable et de l'e-business de Nestlé France depuis janvier, Pierre-Alexandre Teulié revient sur les enjeux du groupe, qui va ouvrir pour la première fois ses usines au public.

Quel est l’enjeu, derrière l'opération «C'est moi qui fabrique», des visites d’usines que vous lancez le mois prochain?

Pierre-Alexandre Teulié. Nous quittons le territoire de la communication pour celui du dialogue, afin de créer les conditions de la confiance. Les gens se méfient de tout: politique, médias, patrons, syndicats, marques, etc. Cela provient d’un sentiment d’exclusion, de ne pas être partie prenante. Avec «C’est moi qui fabrique», les consommateurs pourront discuter avec les salariés.

Cette opération s'inscrit-elle dans une communication de crise?

P.-A. T. Je dirais que les temps ont changé. On ne communique plus comme dans les années 50 à 80. Le consommateur est surinformé, il utilise toutes les sources d’information, des relations interpersonnelles aux blogs. C’est une évolution qu’il nous appartient de comprendre et d’accompagner avec un dispositif qui ne relève pas de la communication verticale classique.

Suite au reportage de Cash Investigation (France 2) sur le jambon, pourquoi ne pas ouvrir les usines Herta?

P.-A. T. Ce n’est pas facile de décréter 24 usines ouvertes, alors nous avons commencé avec celles qui pouvaient le plus facilement s’y prêter. Pourquoi pas Herta? D’abord, ça aurait pu apparaître comme une réaction à quelque chose qui n’a pas lieu d’être. Ensuite, il y a l’idée de parler de quelque chose dont on ne parle jamais: notre ancrage partout en France.

Votre nouveau jambon sans nitrite, est-ce une réaction au reportage? Peut-on se vanter de supprimer ce composant?

P.-A. T. Il n’y a aucun lien. On n’annonce pas un produit aussi stratégique pour faire plaisir! Ce jambon a demandé cinq ans de R&D. Ce qui ne serait pas normal, ce serait de proposer du jambon qui ne garantisse pas la sécurité. Le botulisme existe toujours en France. Si on sale la viande, et surtout le porc, depuis des milliers d’années, c’est pour cela. Je ne veux donc pas jeter d’anathème sur le nitrite. Les attentes des consommateurs évoluent sans cesse, notre responsabilité d’industriel est d’y répondre.

Le bio est-il une vraie tendance selon-vous, et dans quelle mesure l’investissez-vous?

P.-A. T. Oui, on voit émerger de nouvelles tendances: biologique, végétal, circuits courts, naturalité… Et il faut pouvoir y répondre. Mais le consommateur qui ne mangera que bio ou végétal, c’est une niche. Nous avons des innovations sur tous les produits, et pas seulement les produits finis. Sur les circuits courts, qui sait que l’essentiel des pommes de terre Mousline est cultivé dans un rayon de quelques kilomètres autour des usines?

Que répondez-vous aux polémiques sur l’appropriation de l’eau potable par des grands groupes comme Nestlé?

P.-A. T. Pour cela, je vous invite à interroger Nestlé groupe. La transparence est un sujet hautement sensible. Mais quelle meilleure réponse que l’ouverture des usines et d'expliquer comment les choses sont fabriquées? Par exemple à Vittel dans les Vosges, Nestlé finance, avec le programme Agrivair, les investissements en faveur de la biodiversité et d’une agriculture durable. On est loin des clichés. 

Quels sont vos chantiers sur le numérique, et quelles sont vos relations avec les acteurs du e-commerce?

P.-A. T. C’est un chantier aussi bien interne qu’externe, mais ce n’est pas une fin en soi. On en revient au produit: se faire livrer à la maison, trouver de l’information pour le consommateur, et pour nous, mieux comprendre les attentes via la data. Le e-commerce a deux dimensions. En France, le gros est représenté par le drive, où les distributeurs réalisent l’essentiel de leur croissance. Après, il y a les pure players comme Amazon et Alibaba, que je compare à l’arrivée du hard discount. Chez Nestlé, un tiers de la croissance vient du e-commerce, sans compter Nespresso, qui gonflerait les chiffres.

Est-ce que Nestlé travaille à désintermédier la distribution grâce au numérique, pour livrer ses produits, avec Uber ou autres?

P.-A. T. Joker!

Nestlé ouvre cinq usines

C’est une première pour Nestlé. L’industriel va ouvrir cinq usines entre avril et juillet: Nescafé en Seine-Maritime, Mousline dans la Somme, Purina dans la Loire, Vittel et Naturnes dans les Vosges. Les sites accueilleront chacun, et pendant deux jours, dix personnes tirées au sort le 8 avril (chaque personne s’étant préalablement inscrite pour participer entre le 6 mars et le 5 avril sur le site cestmoiquifabrique.fr). Un film, réalisé par l’agence Zardust, met à l’honneur ce que l’agence qualifie de «première prise de parole corporate de Nestlé France, de vraie communication du réel, sans artifice publicitaire».

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